À la rencontre de Sandra de la Machine à Coudre

Texte : Carole Grange - Photos : David Zuber - Edition : Carmen Grange


Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un projet indépendant visant à mettre en avant au travers de reportages photos, des entrepreneurs qui marquent le paysage sédunois. Notre second article est dédié à la Machine à Coudre, un atelier de couture dans l'air du temps tenu par Sandra Lopes, une jeune et créative entrepreneuse.


Chez Sandra, la couture c'est une histoire de famille, une passion transmise dès son plus jeune âge par deux parents couturiers et un grand père cordonnier. Une vocation qu'elle partage à son tour aujourd'hui dans son atelier ou "maison de couture" à travers des stages et des cours qu'elle organise au fil de l’année.


Pourtant, c’est un joli hasard qui fait qu’il y a 13 ans, du haut de ses 18 ans, elle décide d’ouvrir son atelier de couture. En effet, Sandra sort d’un apprentissage de couturière et se retrouve confrontée à un marché où la demande pour son secteur est plutôt faible. On lui conseille alors de se diriger vers la vente, mais Sandra ne l’entend pas comme ça. Alors, lorsqu'un jour en se rendant au magasin de tissu elle tombe sur une annonce de local à louer, elle se dit pourquoi pas se lancer en tant qu’indépendante plutôt que d'exercer un métier qui ne lui plaira pas. Ce jour là sa bonne étoile est là puisque le propriétaire partage lui aussi sa motivation et lui transmet les clefs de son nouvel atelier.



C’est avec trois bobines, une machine à coudre et un écriteau “atelier de couture” sur la vitrine que l’aventure commence alors. On y vient pour changer des fermetures cassées ou coudre les trous des pantalons dont on est trop triste de se séparer.



Puis il y a trois ans, avec sa compagne Jeanne, elles décident de donner un nouveau souffle à l’atelier. Le visuel change, pour autant un objet la suit depuis ses débuts : son livre de patrons. Car aujourd'hui, à bientôt 32 ans, Sandra propose non seulement des retouches et des réparations, mais aussi des ateliers et quelques pièces qu’elle confectionne elle-même.



De même, elle s'est aussi entourée d'une solide équipe : Jeanne, qui gère la partie administrative et marketing de la Machine, Anabel, son apprentie et Hakimi, un jeune couturier afghan arrivé en Suisse il y a quelques années. “J’aime le partage que j’ai avec mon équipe. On est toujours en ébullition de créativité, on partage beaucoup nos envies.”


Car il faut dire que la Machine à Coudre c'est un univers à part entière. Un mélange de mobilier vintage, de bouquets fleuris et de matériel de couture de toute évidence. “Dans l’atelier, il y a un peu des pièces rapportées, chinées à droite à gauche. Dans l’air du temps, jolies et dépareillées. J’aime aller chiner des choses qui ne vont pas ensemble et lorsque tu les mets ensemble, ça prend vie et c’est toute une poésie”.